Industrie pharmaceutique

Automatisation des PGP et futurs SPP : un enjeu bien plus stratégique que la simple production de documents

Les Plans de Gestion des Pénuries (PGP) occupent aujourd’hui une place importante dans les obligations des exploitants de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). Leur création, leur mise à jour et leur maintien mobilisent déjà des ressources importantes au sein des laboratoires pharmaceutiques, avec des échéances contraignantes (soumission annuelle imposée sur une courte période, création de PGP pour tout nouveau MITM).

Pour autant, réduire le sujet à une simple obligation documentaire serait une erreur. Derrière chaque PGP, se cache un travail considérable de collecte, de vérification et de consolidation de données provenant de multiples acteurs et systèmes d’information.

Cette réalité est appelée à prendre encore davantage d’ampleur dans les années à venir. Entre l’évolution annoncée des lignes directrices françaises pour l’établissement des PGP et l’arrivée des futurs Shortage Prevention Plans (SPP) européens, les exploitants vont devoir gérer des volumes de données et de documents nettement plus importants qu’aujourd’hui.

Dès lors, se pose la question de savoir comment produire ces documents, mais aussi comment organiser durablement les données qui les alimentent.

Le véritable défi : disposer de données fiables et exploitables

Rédiger un PGP ne se résume pas à compléter une trame réglementaire. Chaque document s’appuie sur une quantité importante d’informations relatives au produit concerné : on peut citer par exemple les données réglementaires, industrielles, informations d’approvisionnement, alternatives thérapeutiques, données de marché ou encore éléments organisationnels relatifs à la gestion du risque de rupture.
La rédaction du document constitue finalement la partie visible du travail. Le défi principal réside souvent dans la capacité à identifier les informations pertinentes, les collecter auprès des bons interlocuteurs, les vérifier, les mettre à jour et garantir leur cohérence dans le temps.
Cette réalité se manifeste différemment selon les situations rencontrées par les exploitants.

Mettre à jour un PGP existant : un exercice plus délicat qu’il n’y paraît

Lorsqu’un PGP existe déjà, il peut être tentant de considérer que le plus difficile a été réalisé.
Dans les faits cependant, une mise à jour représente un travail conséquent.

L’ensemble des informations présentes dans le document doit être revérifié afin de s’assurer qu’il reflète toujours la réalité. Les données de vente évoluent en permanence, certains sites de fabrication actifs ou enregistrés peuvent changer, des modifications organisationnelles peuvent intervenir et de nouvelles informations réglementaires ou médicales doivent parfois être intégrées.
Même lorsque la structure du document reste identique, les équipes doivent consacrer un temps important à la validation des données existantes et à l’intégration des nouvelles informations.
Pour les portefeuilles comprenant plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de produits, cette activité représente déjà un enjeu organisationnel majeur.

Créer un nouveau PGP : A la recherche de l’information

La situation est encore plus exigeante lorsqu’un PGP doit être créé pour un produit qui n’en dispose pas encore (contexte de lancement par exemple). Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’actualiser des données existantes mais de constituer un document complet à partir d’informations tout aussi dispersées.

Les équipes doivent ici aussi solliciter de nombreux contributeurs, recueillir les informations nécessaires, gérer les éventuelles incohérences puis formaliser l’ensemble dans un document conforme aux attentes réglementaires. Tout ceci dans un contexte de lancement, pendant lequel de nombreuses autres activités sollicitent les forces vives des équipes. Plus le nombre de produits concernés est élevé, plus cette phase de collecte peut devenir complexe à piloter et à reproduire efficacement.

Les futures modalités ANSM : bien plus qu’un changement de format

Les évolutions actuellement envisagées par l’ANSM dans le cadre de la consultation lancée en août 2026 constituent d’ores et déjà un changement structurant pour les années à venir. Pour les exploitants, ces futures modalités représentent bien davantage qu’une simple évolution de format.

Elles traduisent un changement profond dans la nature même des données attendues. Les informations historiquement collectées pour répondre aux exigences actuelles ne permettront plus de satisfaire aux nouvelles attentes : certaines informations demandées par l’ANSM seront nouvelles, et à l’inverse, certaines autres jusqu’ici essentielles ne seront plus utilisées.
Cette évolution implique une reprise complète de l’ensemble des PGP. Les documents existants devront être repensés, non seulement dans leur structure, mais également dans les processus de collecte, de validation et de gestion des informations qui les alimentent.

Pour les exploitants disposant de portefeuilles importants, l’enjeu dépasse largement la rédaction documentaire. La profonde transformation des exigences est une bombe à retardement organisationnelle à laquelle les exploitants devront faire face dans les mois à venir, tant la charge de travail sera élevée pour se mettre en conformité.

Les Shortage Prevention Plans (SPP) : une nouvelle exigence à satisfaire

À cette évolution française s’ajoute une autre transformation majeure : l’arrivée des Shortage Prevention Plans (SPP) au niveau européen. Ces futurs documents répondent à une logique différente de celle des PGP français, et surtout, ils concernent un autre périmètre de produits.
Pour les laboratoires, cela signifie la création d’un ensemble entièrement nouveau de documents portant sur des médicaments soumis à prescription obligatoire (POM). Au-delà de la production des documents eux-mêmes, cette évolution implique la constitution, la structuration et la maintenance d’un nouveau référentiel d’informations.
Les exploitants devront donc gérer simultanément plusieurs dispositifs documentaires répondant à des exigences distinctes, tout en conservant une cohérence globale dans la gestion de leurs données.

Quand la gestion des données devient un enjeu stratégique

Pris séparément, chacun de ces sujets représente déjà une charge significative.

Mais c’est leur combinaison qui crée le véritable défi :

  • mettre à jour les PGP existants ;
  • continuer à créer de nouveaux PGP selon les modalités actuelles ;
  • reprendre l’ensemble des PGP selon les futures exigences françaises ;
  • déployer les futurs SPP européens sur un périmètre de produits bien différent.

Les exploitants vont devoir rassembler, maintenir et traiter une quantité importante de données afin d’alimenter un nombre croissant de documents réglementaires.
Dans ce contexte, la difficulté réside dans la capacité à disposer de la juste information, à en garantir la fiabilité et à éviter les ressaisies qui mobilisent aujourd’hui une partie importante des ressources internes.

Là où Atessia peut accompagner

Face à ces évolutions, nous sommes convaincus que l’enjeu est de maîtriser une quantité croissante de données et d’usages de ces données, de garantir leur qualité dans le temps et de les rendre exploitables pour répondre à des exigences réglementaires en constante évolution.

Dans ce contexte, la valeur réside dans la capacité à mobiliser rapidement les bonnes informations, à les maintenir à jour et à les réutiliser efficacement lorsqu’elles sont nécessaires.

C’est précisément l’ambition des travaux menés par Atessia autour de l’automatisation des PGP et des futurs SPP : développer une solution pour permettre aux équipes de consacrer davantage de temps à l’analyse, à l’évaluation des situations, aux arbitrages réglementaires et à la prise de décision, plutôt qu’à des tâches de collecte d’informations à faible valeur ajoutée.
L’approche développée par Atessia repose sur un principe essentiel : s’adapter à l’organisation existante de chaque laboratoire.

Chaque exploitant dispose de sa propre gouvernance, de ses propres processus, de ses propres outils et de sa propre trame de PGP. L’enjeu n’est donc pas d’imposer un modèle standard, mais de construire une solution capable de s’intégrer efficacement aux méthodes de travail déjà en place.

Cette adaptation sur mesure constitue un élément clé de réussite. Elle permet de préserver les organisations existantes tout en facilitant le traitement de volumes documentaires importants. Les données restent structurées selon les besoins du laboratoire, les processus demeurent maîtrisés par les équipes et l’outil s’adapte aux contraintes opérationnelles plutôt que l’inverse.

L’objectif est de disposer d’un dispositif unique, évolutif et suffisamment flexible pour accompagner aussi bien les besoins actuels liés aux PGP que les futures exigences françaises et européennes. Car si certaines étapes peuvent être facilitées, l’expertise réglementaire, les choix à justifier, l’évaluation des situations de risque et les décisions associées demeurent avant tout des missions d’experts.

Conclusion

L’automatisation des PGP ne doit pas être envisagée comme un simple projet documentaire. L’évolution des PGP français et l’arrivée des futurs SPP européens illustrent comment les requis réglementaires transforment la manière dont les exploitants doivent gérer leurs données. Les laboratoires font face à des volumes d’informations et de documents de plus en plus importants, tout en devant maintenir un niveau élevé de qualité, de traçabilité et de cohérence.

Dans ce contexte, est de construire une organisation de la donnée capable d’alimenter durablement les différentes obligations réglementaires, tout en permettant aux équipes de concentrer leurs efforts là où leur valeur est la plus forte : l’analyse, l’expertise et la prise de décision.

Article rédigé par Raphaël DAUVERGNE, Consultant sénior Affaires Réglementaires & Pharmaceutiques

La veille réglementaire dans l’industrie pharmaceutique : un enjeu stratégique pour anticiper plutôt que subir

Dans l’industrie pharmaceutique, la réglementation évolue en permanence. Nouveaux textes, mises à jour des référentiels, positions des autorités, évolutions des exigences qualité, pharmacovigilance, information promotionnelle ou encore sérialisation : le volume d’informations à suivre est considérable.

Pour les laboratoires pharmaceutiques, la veille réglementaire ne consiste plus simplement à surveiller la publication de nouveaux textes. Elle est devenue un levier essentiel pour comprendre les impacts potentiels sur leurs activités, anticiper les changements à venir et sécuriser leurs décisions. Pourtant, face à la quantité importante d’informations disponibles, identifier ce qui est réellement pertinent pour son organisation reste un exercice complexe.

Une réglementation en constante évolution

L’environnement réglementaire des produits de santé est particulièrement mouvant. Les exigences européennes et nationales évoluent régulièrement, tandis que les autorités publient fréquemment de nouvelles recommandations, lignes directrices ou documents d’interprétation.

Cette dynamique concerne l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament et des produits de santé. Selon leur statut et leur périmètre d’activité, les laboratoires peuvent être concernés par des obligations très différentes :

  • Titulaires d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) ;
  • Exploitants ;
  • Fabricants ;
  • Distributeurs ;
  • Importateurs ou acteurs intervenant dans la chaîne d’approvisionnement.

Chaque évolution réglementaire peut ainsi avoir des conséquences variables d’une organisation à l’autre. Une même publication peut représenter une simple information pour certains acteurs et nécessiter une adaptation importante des processus pour d’autres.

La difficulté n’est donc pas uniquement d’avoir connaissance de l’information, mais de comprendre rapidement si elle est applicable et quels peuvent être ses impacts.

Des obligations différentes selon les rôles de l’entreprise

La réglementation pharmaceutique repose sur une répartition précise des responsabilités. Or, les laboratoires cumulent souvent plusieurs statuts, ce qui complexifie encore davantage l’analyse réglementaire.

L’exploitant doit notamment s’assurer du respect d’un ensemble d’obligations liées à la commercialisation et à la surveillance du médicament.

Le titulaire d’AMM doit suivre les évolutions susceptibles d’impacter directement son dossier d’enregistrement, ses engagements réglementaires ou ses stratégies de maintien sur le marché.

Le distributeur doit rester attentif aux exigences relatives aux bonnes pratiques de distribution, à la traçabilité des produits ou encore à la gestion des flux logistiques.

Le fabricant est quant à lui concerné par l’évolution des exigences de qualité, des référentiels de fabrication et des attentes des autorités lors des inspections.

Dans ce contexte, une question revient régulièrement : une évolution réglementaire concerne-t-elle réellement mon activité, ou seulement une partie de mes responsabilités ?

Les textes apportent parfois une réponse directe. Dans d’autres situations, une analyse plus approfondie est nécessaire pour déterminer le niveau d’impact réel.

Entre multiplication des informations et difficulté d’interprétation

Aujourd’hui, la quantité d’informations réglementaires accessibles est de plus en plus importante.

Publications des autorités nationales et européennes, associations professionnelles, bases documentaires, consultations publiques, nouvelles lignes directrices, questions-réponses réglementaires : les sources se multiplient.

Cette abondance crée paradoxalement une difficulté supplémentaire. Toutes les informations n’ont pas la même portée ni le même caractère prioritaire.

Les laboratoires sont ainsi confrontés à plusieurs enjeux :

  • Identifier les informations réellement pertinentes ;
  • Évaluer leur impact opérationnel ;
  • Déterminer les échéances applicables ;
  • Mobiliser les bonnes parties prenantes ;
  • Assurer la traçabilité des analyses réalisées.

Une veille efficace ne se limite donc pas à collecter des informations. Elle suppose également de les contextualiser et de les transformer en éléments d’aide à la décision.

Les questions que se posent concrètement les laboratoires

Face à cette complexité, les équipes réglementaires, qualité, pharmaceutiques ou opérationnelles sont souvent confrontées à des interrogations récurrentes :

  • Cette nouvelle exigence s’applique-t-elle à mon activité ?
  • Quels produits ou quelles entités de l’entreprise sont concernés ?
  • Quels processus doivent être revus ?
  • Quel niveau de priorité faut-il accorder à cette évolution ?
  • Existe-t-il des périodes transitoires ?
  • Quels risques sont associés à une mise en conformité tardive ?
  • Comment documenter et justifier les choix effectués ?

La vraie difficulté n’est pas seulement d’être informé, mais souvent de comprendre comment analyser, prioriser et justifier les décisions prises.

C’est précisément dans ces zones grises que la veille réglementaire prend toute sa valeur.

Là où Atessia peut accompagner les laboratoires

Face à la complexité croissante de l’environnement réglementaire, disposer d’une information brute n’est plus suffisant. Les entreprises ont besoin d’une lecture adaptée à leur activité et à leurs responsabilités.

Avec son service Atessia Intelligence, Atessia aide les laboratoires à transformer l’information réglementaire en connaissance exploitable.

L’objectif n’est pas uniquement de signaler les évolutions réglementaires, mais aussi de leur permettre de :

  • Identifier les sujets réellement pertinents pour leur périmètre ;
  • Comprendre les impacts potentiels sur leurs activités ;
  • Anticiper les changements à venir ;
  • Prioriser les actions à engager ;
  • Faciliter le partage de l’information au sein des équipes.

Chaque organisation possède ses spécificités, ses produits, ses marchés et son modèle opérationnel. Une veille pertinente doit donc être adaptée au contexte du laboratoire et non se limiter à une diffusion standardisée d’informations.

Atessia accompagne ainsi les acteurs du médicament et plus largement des produits de santé dans l’analyse et la compréhension d’un environnement réglementaire de plus en plus dense, afin de les aider à prendre des décisions éclairées et sécurisées.

La veille réglementaire est aujourd’hui bien plus qu’une activité de surveillance documentaire. Elle constitue un outil stratégique permettant aux laboratoires pharmaceutiques de suivre les évolutions de leur environnement, d’anticiper les impacts potentiels sur leurs activités et de mieux maîtriser leurs obligations.

Dans un contexte où les exigences réglementaires se multiplient et où les responsabilités varient selon les statuts des acteurs, comprendre les enjeux devient aussi important que l’information elle-même.

L’enjeu n’est plus seulement de rester informé, mais de disposer de la bonne information, au bon moment, avec le niveau d’analyse nécessaire pour éclairer les décisions de l’entreprise. Atessia Intelligence s’inscrit précisément dans cette logique : aider les laboratoires à réaliser leur analyse d’impact de la veille dans un environnement réglementaire complexe et en constante évolution.

Pour découvrir l’ensemble des expertises d’Atessia et nos accompagnements dédiés aux acteurs de la santé, rendez-vous sur notre site internet : Atessia

Article rédigé par Hélène COCAULT, Consultante Affaires Réglementaires et Pharmaceutiques